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La stèle du port
Mais, pendant bien des années, cette guerre occupa les esprits. Ainsi, sur le plateau, les poilus survivants du 60ème R.I. vinrent ériger un modeste monument, une simple pierre du pays, pour marquer l’emplacement des premières lignes de tranchées où se déroulèrent des combats acharnés de 1914 à 1917. Puis, le 17 septembre 1933, les anciens du 321ème R.I., regroupés autour de leur président Grillet, arrivèrent à Fontenoy pour inaugurer la stèle qu’ils avaient fait poser grâce à une souscription. Parti de l’église, le cortège des anciens du glorieux régiment et de la population de Fontenoy traversa le village et se rendit au carrefour de Port, au pas cadencé, derrière la fanfare, La stèle dévoilée, chacun eut une pensée pour tous ces poilus tombés courageusement lors des combats de 1914. Le maire, M. Lefèvre, rappela que les anciens du 321ème, ce régiment parti de Montluçon, pouvaient se considérer comme chez eux à Fontenoy dont les habitants prenaient l’engagement de veiller sur les morts. Quant à M. Paul Tassart, président de I’UNC de Fontenoy-Nouvron, il exprima la gratitude du village pour ses défenseurs de 1914. Après la cérémonie, tout le monde se retrouva dans « une grande salle pâle, ornée de cartouches et de drapeaux » pour déjeuner et, avant de repartir, les anciens poilus revirent avec émotion les endroits où ils avaient combattu près de vingt ans auparavant.

Une brebis baptisée
Et la vie paisible reprit son cours. Une vie faite du travail quotidien et d’un bonheur construit autour de choses simples. En 1926 grâce à un prêt de 100 000 F sans intérêt consenti par M. Firino, la commune put faire exécuter les travaux d’adduction d’eau au Port par M. Tassart et la distribution d’eau fit l’objet d’une réglementation à partir de 1934. Mais les femmes continuaient à se retrouver à l’un des trois lavoirs municipaux : « J’allais laver mon linge au lavoir à côté de la mairie. On y passait du temps à rincer. Mais on y bavardait aussi ! » se souvient Marie Meunier. A côté, il y avait le matériel des pompiers, un corps qui fut commandé en 1924 par le capitaine Henri Scat et qui eut à éteindre un gros incendie en 1934 au cours duquel André Scat fut blessé.
« On prenait souvent le train pour aller vendre notre beurre, les volailles au marché à Soissons et il y avait toujours du monde sur le quai de la gare. Et au café en face ! On rapportait aussi des provisions car à Fontenoy, les commerçants étaient rares. A part la boulangerie et le café-charcuterie-épicerie, il fallait attendre, deux fois par semaine, le passage du boucher d’Ambleny ou le Père Hecq du café de Roche qui, avec sa carriole et son mulet, venait vendre sa marchandise ». Mais l’un des meilleurs souvenirs de Marie Meunier, c’est certainement celui de cette nuit de Noël 1937. « Pendant la, messe de minuit on a baptisé une jeune brebis. Elle bêlait dans sa corbeille. C’était émouvant ! Grâce à cette cérémonie, elle devait mourir de vieillesse. Hélas, le bon temps ne dura pas ».

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